Thème national 2010 : « Les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l'Histoire »
Chateaubriand et la chanson traditionnelle
Si l’on connaît Chateaubriand par ses Mémoires d’outre-tombe, ses romans et ses écrits politiques, on ignore souvent que l’écrivain a été également l’auteur de trois romances, composées sur des airs « véritablement nationaux », dont la plus célèbre est celle du Montagnard émigré, commencée en Angleterre en 1798-1799 et achevée en Auvergne en août 1805. Le texte et sa musique (adaptée par J.-B. Bédard d’une bourrée auvergnate attestée dès le XVIe siècle) en parurent dans le Mercure de France du 31 mai 1806. Le succès en fut grand, et la romance connut plusieurs éditions, suivies de la création de mélodies nouvelles sur les paroles de Chateaubriand (« Combien j’ai douce souvenance / Du joli lieu de ma naissance […] Mon pays sera mes amours, toujours »). Elle fut plus tard réunie, à la fin des Aventures du dernier Abencérage (1810, publié en 1826), à deux autres romances, écrites entre 1807 et 1810 à la Vallée-aux-Loups : l’une, Le Roi don Juan, sur le souvenir d’un air que Chateaubriand avait entendu en Espagne en 1807 ; l’autre, les Adieux du Cid, sur un thème espagnol lui aussi, publié vers 1807 par J.-B. Bédard.
Romance chantée par Abencerrage, manuscrit autographe de Chateaubriand - coll. Maison de Chateaubriand - cl. Studio Sébert © Maison de Chateaubriand
Manuscrits, partitions, ouvrages et portraits illustreront lors des Journées du Patrimoine cet aspect méconnu de l’œuvre de Chateaubriand.
La romance du Montagnard émigré sera interprétée par la Société Fraternelle des Cornemuses du Centre, qui se produira en concert avec l’ensemble des musiciens, et en animation dans le parc sous forme de duo, de trio ou de quatuor.

La Société Fraternelle des Cornemuses du Centre - cl. Marie Viron © droits réservés
Emblème de la SFCC - dessin de Patrick Raffin © droits réservés
Constitué de plus de soixante musiciens, cet ensemble est une fanfare de cornemuses qui utilise des instruments originaires du centre de la France (Berry, Bourbonnais, Nivernais). Son répertoire est traditionnel de ces régions, harmonisé pour les deux pupitres d’instruments : les musettes en sol/do dites « 16 pouces » (car leur hautbois a cette dimension en ancienne unité de mesure) et les musettes « 23 pouces » en do/fa. Deux ou trois percussionnistes permettent aux sonneurs d’avoir une référence rythmique, indispensable pour un ensemble de ce type.
La SFCC est placée sous le patronage littéraire du « Bœuf couronné », faisant référence au roman de George Sand Les Maîtres Sonneurs, qui est un des mythes fondateurs des pratiquants de la musique du Centre : son protagoniste, Joseph, jeune garçon de ferme berrichon, s’y initie à la grande cornemuse bourbonnaise et participe à un concours – dont le jury se réunit à l’Hôtel du Bœuf couronné, à Saint-Chartier (Indre) – pour être admis maître sonneur et avoir l’autorisation de faire danser au son de sa musette.
Les cornemuseux proposeront également pour ce concert exceptionnel des airs de leur répertoire, principalement tiré du trésor mélodique accumulé et peaufiné par l’ancienne société traditionnelle, et recueilli par les chercheurs des deux siècles passés, que l’on a appelés les folkloristes, Achille Millien, Barbillat et Touraine, Jean-Baptiste Bouillet, entre autres ; il provient également du fonds musical maintenu par de nombreux chanteurs ou musiciens « routiniers » du grand Centre France.
Programme
Samedi et dimanche
Exposition de documents et visites autour du Montagnard émigré de Chateaubriand, de la chanson traditionnelle et de l’influence de George Sand
Dimanche à partir de 14 h 30
Concert (en partie) itinérant dans le parc, par la Société Fraternelle des Cornemuses du Centre
Entrée gratuite les deux jours
En dehors des animations, visites libres de la Maison exclusivement
EN SAVOIR PLUS
/ À LIRE
Dans la Maison et dans le parc
Gratuit