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Paire de vases aux cygnes au motif tiré d'Atala

O 009* 1 a et b

Paire de vases aux cygnes au motif tiré d'Atala
Paire de vases aux cygnes au motif tiré d'Atala - cl. Kohn / droits réservés

Le 6 août 2009, a été acquise par le Conseil général, lors d’une vente aux enchères à Cannes, une paire de vases en porcelaine polychromée et dorée de la fin du XIXe siècle, de forme ovoïde et ornés chacun d’une scène tirée d'Atala de Chateaubriand.

Publié en 1801, le roman Atala rencontra un immense succès auprès du public et généra une importante iconographie (gravures, dessins, peintures, sculptures) et la réalisation d’une multitude d’objets dérivés : pendules, assiettes, etc.

La Maison de Chateaubriand conserve et expose une riche collection autour de ce thème, témoignant de la longévité de l’engouement des artistes pour l’œuvre littéraire de Chateaubriand.

Ces deux vases sont exceptionnellement exposés ce week-end (25-27 septembre 2009) dans le Grand Salon de la Maison de Chateaubriand, où se réunira le Comité scientifique le 28 septembre.

 

Atala et Chactas : des « Roméo et Juliette » amérindiens

Ainsi que l’écrit lui-même Chateaubriand dans la préface de l’édition originale de 1801, Atala, « écrite dans le désert, et sous les huttes des Sauvages », est « une sorte de poème, moitié descriptif, moitié dramatique : tout consiste dans la peinture de deux amants qui marchent et causent dans la solitude ; tout gît dans le tableau des troubles de l’amour, au milieu du calme des déserts, et du calme de la religion ».

Sur les rives du Meschacebé (Mississipi), en Louisiane, la tribu des Natchez accueille René, un jeune Français désireux de vivre parmi les Indiens. L’un d’eux, Chactas, qui a visité la France sous Louis XIV, se prend d’amitié pour le jeune homme et lui raconte sa jeunesse au cours d’une chasse au castor.

À 20 ans, Chactas participe avec les siens à la lutte contre les Espagnols. Fait prisonnier par ces derniers, il est condamné aux mines mais échappe à son destin grâce à l’intervention de Lopez, qui propose de l’adopter. Après plusieurs mois passés auprès de celui-ci, Chactas demande à retourner auprès des siens. Pendant le voyage du retour, il est capturé par « un parti de Muscogulges et de Siminoles » (peaux-rouges de l’ancienne Louisiane) qui le destinent au sacrifice.

Un soir, Chactas est libéré par Atala, jeune Indienne convertie au christianisme. Après une longue fuite, les deux héros sont, durant un orage, recueillis par le père Aubry, qui veut convertir Chactas pour l'unir à Atala.

À l’article de la mort, la jeune femme demande à recevoir les derniers sacrements et explique au religieux qu’elle s’est empoisonnée pour ne pas trahir la volonté de sa mère qui, sur son lit de mort, lui a fait promettre de se consacrer à la Vierge.

Inconsolable, Chactas ne se mariera jamais et, à la fin de sa vie, deviendra chrétien en mémoire d’Atala.

 

Un amour tragique pour une iconographie exotique

La fortune de l’ouvrage de Chateaubriand s’est traduite par une production d’objets aussi variée qu’abondante célébrant les amours tragiques d’Atala et de Chactas. Mais par-delà le succès littéraire, ces objets permettaient d’introduire dans les intérieurs une touche d’exotisme si prisé depuis le XVIIIe siècle.

Sur l’un des vases acquis pour la Maison de Chateaubriand, est représentée la première visite d’Atala à Chactas :
 

« Une nuit que les Muscogulges avaient placé leur camp sur le bord d’une forêt, j’étais assis auprès du feu de la guerre, avec le chasseur commis à ma garde. Tout à coup j’entendis le murmure d’un vêtement sur l’herbe, et une femme à demi voilée vint s’asseoir à mes côtés » (Chateaubriand, Atala, « Les Chasseurs »).


L’autre vase représente Chactas et Atala s’abritant de l’orage qui éclate au cours leur fuite :
 

« Assis moi-même sous l’arbre, tenant ma bien-aimée sur mes genoux et réchauffant ses pieds nus entre mes mains, j’étais plus heureux que la nouvelle épouse qui sent pour la première fois son fruit tressaillir dans son sein » (Chateaubriand, Atala, « Les Chasseurs »).

 

EN SAVOIR PLUS  / À LIRE

Lire Atala dans son édition originale (fichier PDF, 253 ko)