L'art populaire russe chez les artistes d'avant-garde à travers l'exemple de Gontcharova et Larionov (17/07/2010)
Samedi 17 juillet à 15 h
Loubok du XVIIIe siècle : La demande en mariage - coll. particulière - cl. CG92 / Gilles Vannet
Conférence illustrée, par Gisèle Caumont, commissaire de l'exposition « Présences russes à la Vallée-aux-Loups au XXe siècle »
Conférence illustrée à travers des exemples choisis parmi les œuvres et les objets exposés dans les trois salles de l'exposition
Lydie Le Savoureux partageait avec ses amis peintres de l’avant-garde russe le goût pour l’art populaire de son pays. Cet art qu’ils collectionnaient, gravures, icônes et objets, aux formes architecturées et souvent très colorées, fut une source d’inspiration majeure dans leur démarche esthétique. D’autres formes d’art, théâtre, ballet et opéra, d’autres artistes russes des premières décennies du XXe siècle seront également évoqués au cours de cette présentation ciblée.
EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Dans la Bibliothèque de la Maison Conférence comprise dans le prix d’entrée du musée Réservation obligatoire : 01 55 52 13 00 - reservations-chateaubriand@cg92.fr
Les voyages d'écrivains en Russie au XIXe siècle, l'exemple d'Astolphe de Custine (29/06/2010)
Mardi 29 juin 2010 à 19 h
Rencontre-débat avec Alain Canat, conférencier
Plusieurs écrivains français, Mme de Staël, le marquis de Ségur, Gautier, Dumas père…, ont laissé des relations de leur voyage dans l’Empire des Tsars. Mais aucun de ces ouvrages n’eut le retentissement de La Russie en 1839, d’Astolphe de Custine (1790-1857), publié en 1843.
L’auteur, célèbre écrivain voyageur, fut l’ami de Chateaubriand – amant puis ami de sa mère, Delphine de Custine. L’énorme succès de cet ouvrage, où Custine fustige en termes très durs le régime impérial et « l’arriération » russes, imposa en France l’image d’une Russie gouvernée par un despotisme brutal, oppresseur des individus et des peuples, image qui va perdurer jusqu’à la fin du siècle. En pleine Guerre froide, on en fera un récit visionnaire, croyant y lire la description du totalitarisme stalinien.
Aujourd’hui, ce récit apparaît surtout comme un témoignage brillant mais partial, marqué par la subjectivité de son auteur. Il est instructif de confronter sa description du pays et de ses habitants à celle de ses contemporains.
(*) Pour les demandes de réservation adressées par courriel, merci de bien vouloir indiquer vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse postale, numéro de téléphone.
Rencontre-débat avec Daniel Marchesseau, Directeur du Musée de la Vie romantique
À l’occasion de l’exposition « Frédéric Chopin. La Note bleue », présentée au Musée de la Vie romantique jusqu’au 11 juillet 2010, Daniel Marchesseau viendra évoquer le célèbre compositeur romantique exilé à Paris en 1831, qui fréquenta cercles artistiques et mondains, côtoya Rossini, Berlioz, Mendelssohn, Liszt, Marie d’Agoult, le peintre Eugène Delacroix, la cantatrice Pauline Viardot, sœur aînée de la Malibran, etc., et bien entendu George Sand, laquelle partagea pendant huit ans, à Paris comme à Nohant, l’intimité du compositeur « dévoré par le rêve de l’idéal ».
« Dites à mon cher petit Chopin que les parties que j’aime c’est la flânerie dans les allées en parlant de musique et le soir sur un canapé à en entendre quand le Dieu descend sur ses doigts divins » (Eugène Delacroix à George Sand, 30 mai 1842).
Daniel Marchesseau
est conservateur général du patrimoine et historien de l’art. Après avoir été conservateur au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (1974-1981 et 1992-1998) et au Musée des Arts décoratifs (1982-1991), il dirige depuis 1998 le Musée de la Vie romantique à Paris. Il a été commissaire et co-directeur de nombreuses expositions et contribué en France et à l’étranger à de nombreux catalogues et publications.
(*) Pour les demandes de réservation adressées par courriel, merci de bien vouloir indiquer vos coordonnées complètes : nom, prénom, adresse postale, numéro de téléphone.
De Lydia Plekhanov à Lydie Le Savoureux, dernière habitante de la Vallée-aux-Loups, de 1923 à 1978 (29/05/2010)
Samedi 29 mai 2010 à 15 h
Lydie Le Savoureux - anonyme - encre - coll. Société Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Gisèle Caumont, commissaire de l'exposition "Présences russes à la Vallée-aux-Loups au XXe siècle"
La jeunesse en Suisse, puis en France et en Italie, de Lydia Georguievna Plekhanov est déterminante pour comprendre son rôle auprès de son mari, le docteur Henry Le Savoureux, propriétaire dès 1914 de la clinique de la Vallée-aux-Loups où il fonda un premier musée Chateaubriand. La fille de Georges Plekhanov, l’un des fondateurs et théoricien de la social-démocratie russe, baigna dans une riche atmosphère intellectuelle dès son adolescence. Devenue Madame Le Savoureux, elle contribua pour une large part à l’accueil des illustres visiteurs et malades qui se succédèrent dans l’ancienne demeure de l’écrivain jusque dans les années 1960.
L'Europe des nations, l'Europe de l'esprit (11/05/2010)
Mardi 11 mai 2010 à 21 h
CG92 / Olivier Ravoire
Conférence de Marc Fumaroli, de l'Académie française
L’Europe latine a existé, coopéré et senti son identité bien avant que l’Union européenne prît forme institutionnelle après 1945, de même que l’Italie a été une nation religieuse, linguistique et morale d’une rare cohérence, malgré son caractère d’habit d’Arlequin politique, et cela bien avant l’unité italienne d’après 1870.
Dans cette conférence, Marc Fumaroli reprend certaines suggestions de Chateaubriand dans le Génie, les Martyrs et les Mémoires, pour remémorer les formes qu’a prises au cours des siècles cette profonde unité européenne, malgré les divisions politiques et confessionnelles, malgré les guerres et les schismes, avant l’union politique de ce dernier demi-siècle. Cette remémoration est indispensable, si l’on ne veut pas réduire et aplatir l’Union européenne à l’actualité immédiate et invertébrée d’une zone de libre échange commercial.
Marc Fumaroli en quelques dates...
1976 : Docteur ès lettres ; élu maître de conférences à Paris IV-Sorbonne 1976-1986 : Directeur de la revue XVIIe siècle 1978-1995 : Membre du conseil de rédaction de la revue Commentaire 1982 : Prix Monseigneur Marcel de l’Académie française 1984-1994 : Directeur du Centre d’étude de la langue et de la littérature françaises des XVIIe et XVIIIe siècles 1986 : Élu professeur au Collège de France, dans une chaire intitulée « Rhétorique et société en Europe (XVIe-XVIIe siècles) » 1991 : Publication de L'État culturel 1992 : Prix de la Critique de l’Académie française 1993-1999 : Président de l’Association pour la sauvegarde des enseignements littéraires (S.E.L.) fondée par Jacqueline de Romilly 2 mars 1995 : Élu à l’Académie française, où il succède à Eugène Ionesco 1996 : Élu président de la Société des Amis du Louvre 1997-2006 : Professeur at large de l’Université de Chicago 1998 : Élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres au fauteuil laissé par Georges Duby 1999 : Publication de l’Histoire de la rhétorique dans l'Europe moderne : 1450-1950 1999 : Nommé Président du Jury du Prix Chateaubriand, où il succède à Jean d’Ormesson 2000 : Fonde et dirige l’Institut européen pour l’Histoire de la République des Lettres, hôte de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm 2001 : Prix Balzan pour l’histoire et la critique littéraires du XVIe siècle à nos jours 2001 : Publication de Quand l'Europe parlait français 2004 : Prix du Mémorial et Prix Combourg pour Chateaubriand, poésie et terreur 2006 : Succède à M. le chancelier Gabriel de Broglie à la présidence de la Commission interministérielle de terminologie 2009 : Nommé Président du Comité scientifique de la Maison de Chateaubriand
Source : site de l’Académie française
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EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Dans le Grand salon
Ouvrages de Marc Fumaroli en vente à la boutique de la Maison de Chateaubriand : Chateaubriand, Amour et vieillesse, Paris, Rivages poche, coll. Petite Bibliothèque, 2007, 64 p., 5 € Chateaubriand. Poésie et Terreur, Paris, Éditions De Fallois, 2003, 800 p., 27 € Chateaubriand et les Arts, Paris, Éditions De Fallois, 1999, 224 p., 19,82 €
Napoléon, l'amant pressé, par Olivier Miquel (Cherche Midi, 2009)
Rencontre-débat avec Olivier Miquel, écrivain
« Je n’ai qu’une maîtresse, disait Napoléon, c’est la France ». Il en eut beaucoup d’autres. Des amours aussi. De Giacominetta, au pensionnat de sœurs béguines à Ajaccio, jusqu’à Albine de Montholon, ultime compagne de l’exil, les femmes sont au cœur de l’épopée napoléonienne. Au bout du compte, autant de conquêtes féminines que de batailles gagnées. Des femmes conquises au service d’une ambition ou grâce à elle. Autant d’enjeux qui jalonnent le destin fabuleux de ce jeune homme très prude, dont la gloire sera bientôt ternie par une passion désastreuse ; sa femme, Joséphine, l’aimera trop tard. Il multiplie alors les maîtresses, tombe amoureux d’une comtesse polonaise, Marie Walewska. Mais la vraie maîtresse de son temps, la politique, lui dicte d’épouser Marie-Louise, la fille de l’Empereur d’Autriche. Elle lui donnera l’héritier qui fera son bonheur. Brève félicité. L’amant préféré de l’histoire croira alors avoir épousé les dynasties européennes qui le condamneront à l’exil.
Olivier Miquel
Originaire du Sud-Ouest, Olivier Miquel vit à Paris. Il a publié Le vertige de l’ange, roman, au Cherche Midi, en 2004 ; Le rire du destin, biographie d’Henri Salvador, aux Éditions du Moment, en 2007 ; Napoléon, l’amant pressé, au Cherche Midi, en 2009.
Charles Nodier - gravure pour la Galerie des contemporains illustres par un homme de rien, par Louis de Loménie - coll. Maison de Chateaubriand - cl. MDC
Rencontre-débat avec Hans Peter Lund, professeur à l'Université de Copenhague
Charles Nodier (1780-1844) et Chateaubriand entrèrent tous deux en littérature dans les premières années du XIXe siècle. Ils se connaissaient de loin seulement, leurs chemins ne se croisèrent probablement pas – ou très rarement –, mais leurs opinions présentent de fortes ressemblances, malgré la fascination exercée sur le très jeune Charles par les événements révolutionnaires. Critique à l’égard de Napoléon, Nodier évolua vers le même conservatisme que Chateaubriand, et ils avaient en commun également le désenchantement provoqué par la chute des Bourbons en 1830, désenchantement qui allait éloigner Chateaubriand de la politique, et le conteur Nodier de la réalité.
Hans Peter Lund a suivi à la trace le grand pair de France et le modeste bibliothécaire de l’Arsenal, et évoqué les possibles d’une rencontre manquée.
MDC
Hans Peter Lund
Hans Peter Lund est professeur émérite de l’Université de Copenhague et traducteur littéraire. Spécialiste du XIXe siècle, il a mené des travaux sur Nodier, Chateaubriand, Hugo, Gautier, Nerval, Flaubert, Villiers de l’Isle-Adam, Mallarmé. Correspondant de la Société d’Histoire littéraire de la France, membre de la Société Chateaubriand, il est membre de l’Académie royale des Sciences et des Lettres de Danemark. Parmi ses publications, on peut citer Aux Antres de Paros. Néoclassicisme littéraire au temps de Chateaubriand (La Chasse au Snark, 2004).
Rencontre-débat avec Guy Berger, Président de la Société Chateaubriand
La place décisive de l’activité et de la pensée politiques dans la vie et l’œuvre de Chateaubriand est aujourd’hui un fait reconnu. Tous ceux qui ont étudié l’une et l’autre s’accordent pour souligner l’importance que Chateaubriand y attacha et l’influence qu’elles eurent sur son travail d’écrivain. Néanmoins des débats, parfois vifs, subsistent sur l’interprétation historique et idéologique de la politique de Chateaubriand, ne serait-ce que parce que la vision rétrospective des Mémoires d’outre-tombe est loin d’apporter sur ces sujets toute la lumière requise.
Au cours de cette rencontre-débat, Guy Berger, président de la Société Chateaubriand, a situé ces points d’accord et de désaccord et proposé une méthode pour réduire les seconds.
MDC
Guy Berger
Ancien élève de l’École nationale d’Administration, président de chambre à la Cour des comptes de 1997 à 2006, Guy Berger a fait sa carrière dans l’administration, dans la banque et dans l’industrie. Il a été notamment conseiller technique du ministre des PTT et du ministre de la Défense, directeur du cabinet du ministre de la Santé et délégué interministériel aux professions libérales. Il est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et président de la Société Chateaubriand. Il a publié des articles et des comptes rendus dans la revue Commentaire et dans le Bulletin de la Société Chateaubriand.
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Rencontre-débat avec Ariane Charton, écrivain, spécialiste de littérature romantique
« Si je rencontrais sur mon chemin une fille délicate, spirituelle et forte, je lui dirais de faire comme j’ai fait, de suivre noblement la nature », écrivait Hortense Allart, qui durant toute son existence se laissa guider par les élans de son cœur. Rien d’étonnant qu’elle ait su séduire Chateaubriand, en 1829, alors qu’il était ambassadeur à Rome…
Née à Milan en 1801, Hortense Allart a passé son enfance dans un monde où Chateaubriand et Mme de Staël faisaient figure de référence. Son père, homme d’affaires très en vue durant l’Empire, fut un ami de Talma et recevait beaucoup. Sa mère, Marie-Françoise Gay, auteur de romans, était la belle-sœur de Sophie Gay, femme de lettres dont le salon ne désemplissait pas. Hortense, à la mort de ses parents, fut une protégée de Mme Regnault de Saint-Jean d’Angely et de Mme Hamelin, deux Merveilleuses qui n’avaient pas laissé l’Enchanteur indifférent. Hortense publia à 22 ans un roman historique puis des Lettres sur Mme de Staël, des récits inspirés de ses amours et de ses expériences intimes comme Gertrude, mais aussi des essais consacrés à la place de la femme dans la démocratie, à l’histoire de Florence, à la religion et à la littérature latine pour laquelle elle avait une prédilection. Érudite, forte de ses opinions libérales, elle fut une amie de Béranger, de Thiers, de Sainte-Beuve mais aussi de George Sand et de Marie d’Agoult avec lesquels elle aimait débattre. Sa vie amoureuse et intellectuelle fait d’elle l’un des plus beaux personnages féminins du romantisme français, à la fois libre et passionné.
MDC
Ariane Charton
Ariane Charton est née à Bourges en 1975. Après des études de lettres modernes, elle s’est spécialisée dans l’étude de l’époque romantique. Elle a publié Le Roman d’Hortense (Albin Michel), consacré à Hortense Allart, la dernière maîtresse de Chateaubriand, et a établi l’édition de la correspondance entre Marie Dorval et Vigny (Mercure de France, coll. Le Temps retrouvé). Elle est aussi l’auteur de pièces radiophoniques et d’une anthologie, Cher papa, les écrivains parlent du père (J.-C. Lattès). Début 2010, à l’occasion des deux cents ans de sa naissance, elle publiera une biographie d’Alfred de Musset (Gallimard, coll. Folio biographie).
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Conférence du lauréat du XXIIIe Prix d'Histoire Chateaubriand (17/12/2009)
Jeudi 17 décembre 2009 à 20 h 30
Chateaubriand - lithographie non signée - coll. Société Chateaubriand - MDC
Après la remise du XXIIIe Prix d'Histoire Chateaubriand le 2 décembre 2009 à la Vallée-aux-Loups, le lauréat a donné une conférence à la Fondation Dosne-Thiers (Paris 9ème).
Victor Hugo en exil : Chateaubriand ou rien ? (08/12/2009)
Mardi 8 décembre 2009 à 19 h
Chateaubriand et Victor Hugo - détails d'une lithographie non signée - coll. Société Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Jean-Marc Hovasse, chargé de recherche au CNRS
Dans un petit journal intime où il consignait ses activités et ses pensées, le jeune Victor Hugo affirme qu’il nota, le 10 juillet 1816 : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Aucune preuve autre que son destin, relativement fidèle à cette déclaration, n’en est restée.
L’histoire de la relation entre les deux génies, jalonnée d’épisodes, de lettres et de mots devenus célèbres, a déjà été écrite. Elle s’arrête généralement, en toute logique, à la mort de Chateaubriand, à l’orée de cette Deuxième République où Victor Hugo allait peut-être obtenir le fameux portefeuille ministériel qui distinguait encore sa course aux honneurs de celle de son modèle d’autrefois. La sévère rupture de l’exil met un terme apparent à cette confrontation : du jour au lendemain, Victor Hugo n’est plus rien, sinon le premier ennemi de Louis Napoléon Bonaparte, comme un autre s’était voulu l’opposant principal de Napoléon. En passant à Bruxelles puis en abordant à Jersey, l’auteur d’Hernani ne cessera de retrouver sur son chemin celui des Mémoires d’outre-tombe…
J.-M. H.
Jean-Marc Hovasse
Né en 1970, ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres, HDR, Jean-Marc Hovasse dirige le Centre des correspondances et journaux intimes du CNRS (UMR 6563, UBO, Brest). Biographe de Victor Hugo, il a publié aux éditions Fayard un premier volume en 2001 (1802-1851), un deuxième en 2008 (1851-1864) ; il prépare le troisième (1864-1885).
MDC
EN SAVOIR PLUS / À LIRE
Dans la bibliothèque de la Maison
Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, tome I : Avant l’exil. 1802-1851, Paris, Fayard, 2001
Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, tome II : Pendant l’exil I. 1851-1864, Paris, Fayard, 2008
Au début du XIXe siècle, les Principautés danubiennes, encore orientalisées dans leurs mœurs, mais latines par leur langue et leur esprit, venaient de s’ouvrir à la culture de l’Occident. Entre le modèle allemand et le modèle français, celui-ci remporta de loin la victoire dans les cœurs des Roumains. Comme l’affirmait Neagu Djuvara, historien des plus subtils, dans un livre écrit à la veille du troisième millénaire, pendant plus d’un siècle les Roumains ont littéralement été « colonisés » par les Français – sans la présence du colonisateur –, de sorte que « nous avons probablement à faire avec la plus belle réussite d’influence par la culture jamais enregistrée dans l’histoire moderne ».
Le nom de Chateaubriand est incontournable quand il s’agit d’examiner cette influence, et surtout la manière dont la toute jeune littérature roumaine a su assouplir son expression et la rendre originale grâce aussi à « l’importation » massive de littérature française. Il serait donc intéressant de remonter aux origines de la réception de l’œuvre de Chateaubriand en Roumanie et de la replacer dans ce climat de grande effervescence intellectuelle et de frénésie de la traduction, qui domina la première moitié du XIXe siècle ; de découvrir qui sont les premiers lecteurs roumains de l’œuvre de Chateaubriand, ses premiers admirateurs, ses premiers traducteurs, et avec quels autres auteurs français, plus ou moins illustres, il se disputait la primauté.
Mais au-delà de cette époque, que s’est-il passé ? Chateaubriand a-t-il toujours un public en Roumanie ? Bien moins traduit que d’autres classiques français, il ne cesse pourtant de susciter un intérêt tout particulier, et fascine les esprits les plus raffinés, les plus profonds. Car en Roumanie, tout comme en France d’ailleurs, Chateaubriand reste à présent un auteur prisé par une élite.
M. V.
Première page de la préface du traducteur d'Atala-René en roumain. Le texte est en alphabet de transition, mélange de caractères cyrilliques et latins.
Le traducteur achève sa préface en disant avec modestie : « Si j’ai pu imiter la douceur et l’élégance du style de Chateaubriand, je ne m’en vante pas, mais je laisse toute sa gloire à l’auteur ; parce que, bien qu’il eût pu beaucoup perdre par ma traduction, son style étant si élevé et pompeux, il n’aurait toutefois pas su perdre en totalité sa beauté. »
Marina Vazaca est connue en Roumanie pour ses traductions de littérature française, notamment de l’œuvre de Chateaubriand ; elle a traduit pour la première fois en roumain des sélections représentatives du Génie du christianisme (1998), des Mémoires d’outre-tombe (2002), ainsi que la Vie de Rancé (2006). Toutes ces éditions sont préfacées et annotées par la traductrice, qui a bénéficié de bourses de séjour de traducteur offertes par le Centre national du livre, et a été accueillie plusieurs fois à la Maison de Chateaubriand pour des séjours de documentation.
MDC
Marina Vazaca travaille actuellement à la traduction intégrale des Mémoires d’outre-tombe.
Parmi les auteurs français qu’elle a traduits, il y a aussi Michel Butor, Henri Troyat, Paul-Louis Landsberg, Pierre Drieu La Rochelle.
Marina Vazaca est membre de l’Union des écrivains de Roumanie, et a été nommée en 2003 Chevalier des Arts et des Lettres.
Natalie de Noailles, fille du marquis Jean-Joseph de Laborde, fut aussi célèbre de son temps que méconnue aujourd’hui. Pourtant, son nom est indissociable de celui de Chateaubriand. Si ce dernier, en gentleman, garda la plus grande discrétion sur leur idylle, il l’immortalisa dans son œuvre, sous les traits de la Velléda des Martyrs et de la Bianca des Aventures du dernier Abencérage. Leur passion, qui connut son apogée lors du mythique rendez-vous de Grenade, se noua dans les beaux jardins de Méréville et se poursuivit sous les ombrages de la Vallée-aux-Loups. Dans les Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand qualifiera Natalie de « muse de Méréville ». Elle fut aussi la sienne : une inspiratrice hors pair, puisqu’il ne fut jamais si prolifique, en matière de fiction, que durant sa liaison avec la comtesse de Noailles, future duchesse de Mouchy.
En 1834, vingt-sept ans après Grenade, il écrira, déchiré par le souvenir du plus bouleversant des rendez-vous d’amour : « Allais-je au tombeau du Christ dans les dispositions du repentir ? Une seule pensée m’absorbait ; je comptais avec impatience les moments... » À l’en croire, il n’aurait accompli les quelque huit mille kilomètres de son itinéraire de Paris à Jérusalem, et retour, que pour les beaux yeux de Natalie. Discrétion, cependant, oblige : il retranchera ce texte des Mémoires d’outre-tombe. Lorsque Sainte-Beuve le publiera, beaucoup en contesteront l’authenticité. Jusqu’à ce qu’on retrouve, par miracle, le manuscrit à la veille de la Seconde guerre mondiale.
Dans cette rencontre-débat, Marie-Claude Jardin, auteur de L’Enchanteresse de Chateaubriand, paru aux éditions Histoires & Patrimoine en 2008, a évoqué la figure flamboyante et le destin tragique de Natalie de Noailles, qui fut aussi l’inspiratrice de son propre père, Jean-Joseph de Laborde, propriétaire du domaine de Méréville et de son fabuleux jardin anglais.
M.-C. J.
MDC
Marie-Claude Jardin
Philosophe de formation, Marie-Claude Jardin est l’auteur de la première biographie de l’écrivain et critique Jean-Louis Bory, parue en 1991 aux éditions Pierre Belfond. D’abord pigiste pour une agence de presse parisienne, elle fut ensuite traductrice et vit aujourd’hui à quelques kilomètres de Méréville. Elle prépare actuellement un nouvel ouvrage, sur lequel elle préfère se montrer discrète. Seule confidence notable : une intimité renforcée avec l’Enchanteur, devenu son écrivain favori.
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Dans la bibliothèque de la Maison
Gratuit
Marie-Claude Jardin, L’Enchanteresse de Chateaubriand. Natalie de Noailles, duchesse de Mouchy, née Laborde (1774-1835), Histoires & Patrimoine, 2008
Goethe - lithographie non signée pour la Galerie des contemporains illustres - coll. Maison de Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec le Dr. Klaus Zeidler
Chateaubriand et Goethe, ces deux contemporains qui furent parmi les plus grands écrivains de leur temps, ont traversé une période tourmentée qui a fortement marqué l’Europe moderne.
Klaus Zeidler s’est attaché à présenter ce qui, en dépit de tout ce qui les séparait, les rapprocha au contraire, aussi bien sous l’aspect de leur biographie que sous celui de leurs carrières politiques, et de la question tant débattue alors de la compatibilité des Lettres et de la politique.
Il a fait également le point sur les relations qu’ils entretinrent et les jugements qu’ils portèrent l’un sur l’autre.
Klaus Zeidler
Né en Allemagne en 1941, Klaus Zeidler est Docteur en Sciences économiques et sociales. Durant vingt-cinq ans, il a mené une carrière internationale dans la banque. Il a obtenu en 2008 une Maîtrise de Lettres Modernes à l’Université Sophia Antipolis de Nice.
MDC
« Je traversai Erfurt et Weimar : dans Erfurt, l’empereur manquait ; dans Weimar, habitait Goethe que j’avais tant admiré, et que j’admire beaucoup moins. Le chantre de la matière vivait, et sa vieille poussière se modelait encore autour de son génie. J’aurais pu voir Goethe, et je ne l’ai point vu ; il laisse un vide dans la procession des personnages célèbres qui ont défilé sous mes yeux » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVI, chapitre 1).
Louis-Philippe - gravure colorée - coll. Maison de Chateaubriand - MDC
Rencontre-débat avec Hervé Robert, Maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris
Les relations entre Orléans et Chateaubriand n’avaient pas, jusqu’alors, donné lieu à une étude particulière. Hervé Robert, spécialiste de l’histoire de l’orléanisme et des princes d’Orléans au XIXe siècle, comble une indiscutable lacune de la bibliographie des études chateaubriandistes.
Présenté par la duchesse de Duras et le duc de Montmorency au Palais-Royal, Chateaubriand fait connaissance du duc d’Orléans dans les premiers mois de la première Restauration à l’occasion de lectures qu’il donne de son Moïse et des Aventures du dernier Abencérage. Il noue surtout avec la duchesse douairière, sa mère, des liens de grande cordialité que seule la mort de la fille du duc de Penthièvre rompt en 1821.
Les divergences d’analyse politique au terme des Cent-Jours et dans les premiers mois de la deuxième Restauration contribuent à éloigner le prince et le pair de France. Le tissu de relations se reconstitue après le retour en France de la famille d’Orléans au printemps 1817. Sans être un familier du Palais-Royal, Chateaubriand ne rompt pas avec le duc d’Orléans, et entretient avec lui des relations suivies mais distantes. L’intérêt commun des deux hommes pour la cause grecque et la défense de la liberté de la presse les rapproche sous le règne de Charles X.
Les journées de Juillet sont évidemment décisives. Chateaubriand refuse le ralliement à la solution orléaniste au terme d’une réflexion personnelle sans doute plus indécise qu’il ne veut le dire dans ses Mémoires d’outre-tombe, malgré les sollicitations directes ou indirectes du lieutenant-général du royaume.
Il est dès lors un opposant déterminé à la monarchie orléaniste et au roi des Français. Au fil des brochures qu’il publie en 1831 et 1832, sa critique du régime n’épargne pas toujours le monarque et sa famille. Son dévouement actif à la duchesse de Berry l’éloigne encore. Par delà la fidélité dynastique, le comte de Chambord se l’attache par des attentions qui flattent le vieil homme et qu’il couronne par la réception de Belgrave Square en 1843. Le fossé qui le sépare du roi des Français ne sera jamais comblé. C’est en légitimiste constant qu’il accueille avec satisfaction, dans un éclair de lucidité, la chute de la Monarchie de Juillet : « C’est bien fait. »
« Il y avait deux partis à prendre pour M. le duc d’Orléans : le premier, et le plus honorable, était de courir à Saint-Cloud, de s’interposer entre Charles X et le peuple, afin de sauver la couronne de l’un et la liberté de l’autre ; le second consistait à se jeter dans les barricades, le drapeau tricolore au poing, et à se mettre à la tête du mouvement du monde.
Philippe avait à choisir entre l’honnête homme et le grand homme : il a préféré escamoter la couronne du Roi et la liberté du peuple. Un filou, pendant le trouble et les malheurs d’un incendie, dérobe subtilement les objets les plus précieux du palais brûlant, sans écouter les cris d’un enfant que la flamme a surpris dans son berceau » (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, XXXII, 13).
MDC
Hervé Robert
Magistrat, ancien chargé de conférences à l’École pratique des Hautes Études et ancien maître de conférences à l’Institut des études politiques de Paris, Hervé Robert est aujourd’hui reconnu pour ses travaux sur les princes d’Orléans au XIXe siècle et le mouvement orléaniste.
Il a publié successivement dans la collection « Que sais-je ? » des Presses universitaires de France : L’Orléanisme et La Monarchie de Juillet. Il a mené à bien l’édition critique des Souvenirs inédits du duc Ferdinand-Philippe d’Orléans, publiée à la librairie Droz de Genève en 1993, et achevé l’appareil critique des Mémoires du comte de Chabrol, préfet de la Seine, que Michel Fleury avait laissé inachevé à son décès (Commission des travaux historiques de la Ville de Paris, 2002).
L’Action artistique de la Ville de Paris a édité en 1993, à l’occasion de l’exposition dont il fut le commissaire, Le mécénat du duc d’Orléans 1830-1842. En 2007, il a réuni pour les éditions Economica ses principaux articles « orléanistes », sous le titre : Les Princes d’Orléans. Une famille en politique au XIXe siècle. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ont accueilli en 2008 dans ses Monuments et mémoires de la fondation Eugène Piot sa savante « Contribution à l’histoire de la sauvegarde des Thermes et de l’hôtel de Cluny (1789-1848) ».
Hervé Robert prépare actuellement, parmi d’autres travaux, l’édition des Mémoires encore inédits de Jean Vatout (1791-1848), député de la Côte d’Or, conseiller d’État, bibliothécaire et confident de Louis-Philippe.
Il est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire.